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No more lies. Only truth in your face.
en fait, tu incarnes tout ce que je déteste au plus profond de moi. même sans dire un mot, tes gestes parlent pour toi. ta bouche toujours coincée, cette petite fossette stricte sur le côté. mais c'est même pire quand tu parles. que dis-je, quand tu abois, plutôt. tu envoies chier ceux qui ont la patiente de rester. parce qu'avec toi, il faut s'accrocher. t'es aussi coriace qu'un poux. tu t'accroches et tu ne pars plus. une seule personne a réussi à te supporter pendant des années. et réussi encore, sans que je ne comprenne comment, ni pourquoi. et avec cette seule personne, tu es une ordure. à gueuler tout le temps, à critiquer, à rabaisser, comme un gosse que tu n'aurais pas voulu. as-tu au moins compris, une fois dans ta vie, qu'on a le droit de se tirer si quelqu'un ne nous convient pas? va chercher mieux ailleurs, si tu n'es pas comblée. c'est ça qui faudrait que tu fasses, que tu te tires, que tu te casses une bonne fois pour toutes, vu que tu sais toujours tout mieux que tout le monde, vu que seule toi détient la vérité, la meilleure façon de faire. pourquoi rester, si c'est seulement pour faire chier? alors bien sûr, tu sais te comporter gentiment quand il le faut. quand tu sens que tu es peut-être allée trop loin. pour faire bien de temps en temps, aussi. tu sais amadouer les gens comme il faut. sauf moi. parce que moi, je sais comment tu es. à croire que je suis la seule à le voir. tu seras une chieuse jusqu'à la fin, une chieuse professionnelle avec des années de pratique derrière elle. oh oui, dans ce domaine, tu peux dire que tu es une experte. tu me fais rire quand tu essayes de paraître souffrante. tu crois connaître la douleur, mais tu ne sais rien de ce que tu causes, tu enverrais chier le premier qui agirait avec toi de la manière dont tu agis. t'es aveugle, bornée, et maniaco-depressante. c'est pas toi la depressive, toi tu t'occupes de déprimer les autres. et là aussi, t'y arrives bien. ouvre les yeux et regarde la seule personne qui t'aime. il est blasé de toi, de tes répliques, de tes manières, de ta méchanceté, de tes caprices de grand-mère gâteuse. mais non, tu ne vois rien. j'avais oublié que tu étais aveugle, désolée. ce qui m'énerve le plus, c'est que tu sais trouver le moyen pour que je m'en veuille. tu connais les regards qui me brisent de l'intérieur, tu sais qu'en repartant, je me metterais à chialer, parce que je craque de tout ça, et que je m'en voudrais malgré tout, s'il t'arrivait quelque chose demain. tu sais qu'il y a en moi un soupçon de sentiments qui ne sont pas des reproches, mais des regrets, d'espoirs d'une relation meilleure. tu sais qu'il y a peut-être pour toi la chance que je t'aime ne serait-ce qu'un tout petit peu, en souvenirs des années passées. je déteste que tu joues avec mon coeur comme cela. je haïs ça. mais je commence à m'y faire. sache que je préfère être ce que je suis, même si je ne suis pas ce que tu aurais voulu que je sois, plutôt que d'être toi, et ne pas assumer ce que tu es.
.T'avais qu'à pas te tirer.
Et peut-être que rien n'aurait été brisé.